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Écrit par Administrator   
Lundi, 18 Avril 2016 13:15

Chronique d’un médiateur

Nous sommes chaque jour confronté à des situations aussi délicates qu’exclusives. Cette chronique a vocation à exposer certaines des situations auxquelles nous faisons face, afin que vous ayez un aperçu de notre activité.

Seule face à tous :

Un homme, retraité de 70ans, victime d’un AVC, seul en France, sa femme et ses enfants vivant à l’étranger se retrouve isolé. Sa maitrise du Français n’étant que sommaire, il fait appel à nos services pour pouvoir trouver une solution afin que son épouse le rejoigne et puisse prendre soin de lui.

N’étant pas naturalisé Français je comprends que je ne pourrai pas opter pour un visa long séjour conjoint de Français. L’option qui me reste est celle d’un regroupement familial. Je l’oriente donc vers l’OFII (office Français de l’immigration et de l’intégration) encore présent sur Toulon pour constituer sa demande. Au vue de son dossier, monsieur obtiens l’autorisation d’introduire son épouse en France dans un délai raisonnable.

Alors âgée de 59 ans, son épouse arrive en France, et comme prévue prends soin de son lui. Au bout de trois ans, une nouvelle attaque lui est fatale, et elle se retrouve seule. Le corps du défunt est rapatrié dans son pays d’origine. Son épouse l’accompagne donc jusqu’à sa dernière demeure, puis reviens en France, et sollicite nos services. Son époux de son vivant ne lui avait fait acquérir aucun sens de l’autonomie, elle était dépendante de lui au niveau administratif et financier, elle a donc dû apprendre à ses dépens que les choses n’étaient pas si simples.

Pour l’aider j’ai alors pris contact avec son bailleur pour remettre l’appartement à son nom, or je découvre que son regretté mari lui a laissé plus de trois mille euros d’impayés. Sans compter la découverte chaque jour de nouveaux courriers inconnus pour elle jusqu’à lors. « Mise en demeure » voilà ce que je lui lisais. Innocemment elle pensait qu’il s’agissait d’aides de l’état pour surmonter les dettes laissés par son conjoint.

Mais non, il s’agissait bien de nouvelles dettes. Madame avait donc perdu son époux, et acquis à cette occasion plus de quinze mille euros de dettes. C’était clairement le début d’un long périple. Je constitue pour madame un dossier de réversion qui lui ouvre un droit à 300 euros de retraite , qu’elle a perçu plus de huit mois après la disparition de son époux, huit long mois durant lesquelles elle n’a rien perçu.

La caf n’était pas en mesure d’aider madame durant ce laps de temps, puisqu’elle ne totalisait alors qu’environ quatre années sur le territoire Français. Ce qui n’est pas suffisant pour bénéficier d’aides sociales. Par contre son aide au logement se voit diminué de presque moitié, puisqu’elle est seule. Je parviens à obtenir des délais de la part de son bailleur qui envisagé déjà alors de l’expulser.

Je l’aide à constituer sa demande de renouvellement de titre de séjour, titre qui ne lui a toujours pas été délivré, alors que le dossier est en étude depuis une dizaine de mois. Elle a obtenu trois récépissés jusqu’à présent. Au vue de la complexité de sa situation, j’en fais appel à la banque de France dans le cadre d’un dossier de surendettement. Au bout de plusieurs mois le dossier reçois des suites favorables, après avoir dans un premier temps été classé sans suite. Madame reçois alors et à ma grande surprise une convocation au tribunal d’instance de Toulon.

Convoquée car ses dettes de loyers atteignent maintenant près de six mille euros. Je l’y accompagne pour y entendre fort heureusement pour madame que son bailleur s’était désisté de l’instance, sous le coup de nos multiples discussions et a fortiori par l’acceptation du dossier de surendettement. Madame a obtenu par décision de justice un effacement de ses dettes, mais jusqu’à aujourd’hui ses ressources ne sont que de 350 euros par mois, et son incapacité au travail est certaine.

Une femme que j’ai vu durant près d’un an et demi quotidiennement ou presque, qui passait du rire aux larmes, qui semblait épuisée, et qui voyait en nous sa seule alliée face à ses colosses administratifs. Aujourd’hui elle souffle à nouveau, certes nous avons encore des démarches à faire, mais quelque chose me dit que le plus dur est derrière elle.

 
ATF VAR
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